EN UN CLICK

Un peu d’histoire…

Historique de la Commune de DURENQUE

“Durenque ! C’est le nom du modeste village Que nourrit le moulin qui berça mon berceau ; Et c’est aussi le nom du clair et frais ruisseau Qui fait bondir sa roue et s’enfuit sous l’ombrage De deux rangs d’aulnes en berceau…”

(F. Fabié - extrait de poème)

… comme nous le dit si poétiquement François Fabié,

Baptisé du nom du ruisseau qui traverse sa vallée, la Durenque, dont le nom vient du mot « dur » ou « dour » d’origine celte et gauloise qui signifie eau, rivière, comme sont dérivés de nombreux noms de cours d’eau, par exemple la Durance, l’Adour, le Dourdou, et même le Duro portugais.

Notre territoire est occupé depuis fort longtemps puisqu’une statue-menhir a été découverte près de la Cammazie. Les statues-menhirs sont assez fréquentes dans le Sud Aveyron et sont datées du IIIe millénaire avant notre ère. Ce sont les plus anciennes représentations de l’homme en grande taille connues en Europe Occidentale. L’original est présenté au musée de Roupeyrac . Il en existe deux copies, l’une est exposée au musée Fenaille de Rodez qui en présente une intéressante collection, et l’autre est érigée au carrefour de la Cammazie.

Le village de Durenque est cité dans un acte notarié datant de 1204 dans les archives départementales, à l’occasion du mariage de Bernard Ier d’Arpajon, descendant du comte de Rodez Hugues Ier, et de Rica de Cabrières, dame de Durenque et de La Capelle-Farcel. Elle reçoit par la suite le château de Brousse. Bernard possédait quant à lui les terres d’Arpajon dans le Cantal et de Calmont. La construction du château de Durenque est donc antérieure à cette date. La grande famille des seigneurs d’Arpajon s’est enrichie et étendue au fil des alliances, elle a joué un rôle important tant dans le Rouergue qu’au niveau du Royaume. Elle a perduré sur les terres durenquoises jusqu’en 1668, où Marie-Eléonore , épouse de Jacques Loubens-Verdalle, hérite des biens de sa famille. En 1711, leur fille Marie-Anne amène ses biens au marquis Raymond Buisson de Bournazel par son mariage.

Un inventaire de 1782 détaille les biens du Seigneur de Durenque : Le moulin hydraulique – Le moulin bas – Le domaine d’Alidières – Le domaine de la Salvetat – Un bois de haute futée – Un château – Deux granges.

Le frère du marquis de Bournazel, Claude, dit le Chevalier, semble avoir été le dernier habitant du château, il y meurt en 1772. La bâtisse tombe bien vite en ruine et les pillages qui ont suivi la Révolution auront raison de ce qui pouvait en rester. De nos jours, seule la base d’une tour carrée nous en rappelle la présence.

Le village dit «du Vieux Durenque» est un ensemble de ruines se trouvant dans la forêt de Roupeyrac. Le nom réel de ce lieu serait le Mas de Fabreguettes. Plusieurs campagnes de fouilles, et les recherches menées dans les archives n’ont pas été à même de préciser la datation du site ni ses fonctions. Celui-ci a été détruit par le feu au XIV ou au XVeme siècle.

PATRIMOINE

Le Moulin de Roupeyrac

Au bord de l’étang féodal, c’est la maison natale du poète François Fabié. La visite du musée présente la vie et l’œuvre du poète, ainsi que la vie rurale au XIXème siècle et les techniques de meunerie (moulin à farine, scierie, moulin à huile).

L'Église Sainte Thérèse

Elle a été reconstruite de 1933 à 1940, les vitraux relatent la vie de Sainte Thérèse de Lisieux.

L'Église Saint Pierre à Cannac

À Cannac, village de la commune, possibilité de visite libre ou guidée de l’église sur réservation. Les fresques de Nicolaï Greschny représentent ici une nouvelle page d’Histoire Sainte « la Transfiguration » et une « Vierge de Tendresse ».
L’Église date du XVème siècle, c’est une annexe de Durenque. Jusqu’en 1304, l’édifice primitif avait le clocher sur le sanctuaire. On peut y voir de belles têtes sculptées.

FIGURES LOCALES

Jacques-François
Loiseleur-Deslongchamps

Ce gentilhomme né à Dreux en 1747 est envoyé en Rouergue pour élaborer la carte du Royaume de France dite carte de Cassini. Ses travaux l’amènent au sommet du Lagast. Il trouve l’hospitalité chez la famille Boudou, paysans du Vitarel. Il sillonne tout le Sud de la France mais revient fréquemment au Vitarel, il épouse la fille de ses hôtes Marie-Jeanne en 1774. Durant sa longue vie (il va vivre jusqu’à ses 96 ans), il va devoir sans cesse s’adapter aux vicissitudes de l’Histoire de France de Louis XV à Louis Philippe en passant par la Révolution en étant tour à tour géographe, ingénieur des mines, cantonnier, administrateur du Département de l’Aveyron, collecteur d’impôts, employé du cadastre… Seule son union avec Marie-Jeanne restera indéfectible. Ils s’établiront à Puech Cani, entre Broquiès et Brousse le Château.

Abbé Justin Bessou

Il est né en 1845 à Saint-Salvadou, près de Villefranche de Rouergue. Il fut prêtre de la paroisse de Lebous dont dépendent les hameaux du Verdier et de Montméja. Ses talents d’orateur le font connaître en haut lieu puisqu’il deviendra chanoine de la cathédrale de Rodez et Félibre du Rouergue sous la présidence de Frédéric Mistral. Il a laissé une importante œuvre de contes et poèmes en occitan tels que : D’al brès à la toumba, Countes de la tata Mannou… où ressortent sa truculence et son âme de paysan

François Fabié

Né en 1846 au sein d’une famille de meuniers au Moulin de Roupeyrac, le jeune François mène une enfance heureuse et insouciante. A 11 ans, sur les conseils de son instituteur, il part au collège à Rodez et va poursuivre de brillantes études qui le conduiront jusqu’à l’agrégation en Lettres Modernes. Il sera professeur de lettres tout d’abord à Toulon où il rencontre Madeleine qui deviendra son épouse, ensuite au lycée Charlemagne à Paris. Il fait partie du Cercle des Parnassiens et publie de nombreux recueils de poésie, des pièces de théâtre et trois romans. Sa principale source d’inspiration sera la nostalgie de son village natal ; il sera surnommé le Chantre du Rouergue. Il meurt en 1928 à La Valette près de Toulon.

Pierre Vaysse

Il est né à Durenque en 1865 dans une modeste famille paysanne. Il poursuit ses études à l’Ecole Normale de Rodez puis devient enseignant à Paris jusqu’en 1909. Il fonde ensuite l’hebdomadaire «le Rouergue» qu’il dirigera jusqu’en 1939. Ce journal est très apprécié des nombreux Aveyronnais de Paris pour connaître les nouvelles de leur pays natal.

Jean Boudou

Né en 1920 à Crespin, il fut instituteur à Durenque de 1942 à 1943 et de 1946 à 1949. Ce fut un des plus fervents défenseurs de la langue occitane. Il nous laisse une importante œuvre : Los contes del meu ostal, la grava sul camin, lo libre de Catoia, la Quimèra, Contes del dràc…

Pour en savoir plus sur l’histoire du village :